Le temps est venu de me défouler un peu sur mes étudiants. Mais avant une brève digression sur l'histoire de l'éducation en Asie. Partout, en Asie, Corée, Japon et Chine, le système d'éducation tient les mêmes balises. C'est-à-dire que l'université n'est pas la période la plus obligeante et la plus stressante dans la vie d'un étudiant. Or, l'école primaire ressemble beaucoup à la nôtre, peut-être un peu plus dur, mais c'est le secondaire qui tue tout semblant de vie et d'adolescence asiatique. Durant cette période, les jeunes ont des cours du matin au soir, il étudie comme des machines et on les gavent de connaissances à apprendre par coeur, plus souvent qu'autrement. Ainsi après six années de souffrances, ils passent un ultime test pour décider de leur avenir entier. Ce test fait trembler tout étudiant qui veut accéder à aux meilleures universités. Car gare à celui qui manque d'ascétisme, il sera recalé dans une université avec de moindre moyen. Le mois de juillet a été surnommé le Black July, par les étudiants, dû au stress énorme subit durant cette période.
L'arrivée à l'université, partout en Asie, laisse sous-entendre un seul mot : vie. Oui, ils peuvent enfin en avoir une. L'université est beaucoup moins obligeante que les six années à accumuler le savoir, tel un gargantua qui n'a plus faim continuant de manger parce que la table est mise. Donc, les liens fraternels sont solidifiés et les plaisirs de la chair explorées, même s'il manquent 100 millions de femmes chinoises. En plus en Chine, plus tu es bollé, c'est-à-dire avant de rentrée à l'université, moins tu paies de frais de scolarité. Deux avantages, meilleures université et frais réduit de scolarité. C'est à des lunes du système américain qui impose des tarifs ridicules aux étudiants et dont seuls les plus riches peuvent bénéficier.
Ce que j'en pense? Je crois que c'est un bon système pour un pays avec 1.3 milliards de personnes. Je suis pas sûr si ça marcherait bien au Québec par contre. Il y a une chose que je nuancerais tout de même : la pression sur les étudiants du secondaire. Je suis pour une meilleur éducation au secondaire, je trouve qu'elle n'est pas très créative, pertinente ou engageante. Cependant, je n'irais jamais à cette étape incompréhensible de tuer un partie de la vie de quelqu'un pour son futur. Je trouve ça exagéré et je suis sûr que cela crée des blessures permanentes dans l'éducation des adolescents qui, je ne sais comment, se répercuteront dans leur vie d'adulte.
Or, pourquoi cette entrée? C'est tellement sans soucis un étudiant d'université que j'ai dû jouer au papa pendant ces deux dernières semaines. J'ai passé un exercice de 4 pages, et on n'en a fait que deux. Après la cloche, je dis : "We'll pick this up next week!". J'arrive la semaine d'après. Trois étudiants sur vingt les ont ramenés, et ce dans mes 5 classes. La surprise sur mon visage était probablement "priceless" comme disent les américains. Vraiment, je leur ais fait un petit speech sur le déroulement normale d'un cours. Tu prends des notes à chaque cours et tu ramènes tes notes à chaque cours, avec les feuilles que je passe. Je décide donc de les punir en leur faisant écrire un cours texte sur un sujet particulier. J'attends. Dans une de mes classes, il y a un jeune homme qui n'écrit rien. Déjà que je suis un peu pomper par ce manque flagrant de responsabilité, je m'approche de lui et lui demande la raison de son inactivité : J'ai oublié mon crayon. Oui, vous avez bien lu. Un étudiant universitaire de 22 ans m'a dit qu'il n'avait pas amené de crayon en classe aujourd'hui. J'ai fait ce que tout bon prof abasourdi ferait en ces cas-là. J'ai regarder derrière moi, sur les côtés, derrière la classe pour essayer de trouver la caméra. Parce que franchement je croyais à la blague. Je lui ais demandé s'il blaguait. Non. La face que j'ai faite l'a convaincu de demander autour de lui un crayon parce qu'il a commencé à écrire très vite. C'était ça ou il supportait mon regard, qui, ma foi, me vient directement de mon père.
Bon j'ai fini de chialer. Ça fait du bien quand même.
mercredi 10 décembre 2008
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1 commentaire:
Salut François ! Fait attention avec
un tel regard (et je sais de quoi tu
parle ) tu pourrais le traumatiser ... ha ha ah
Ton Pop
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